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Collection HISTORIQUE

Le roman historique

Un roman historique est une des formes variées du roman. Œuvre de fiction historique, elle prend pour toile de fond un épisode (parfois majeur) de l’Histoire, auquel elle mêle généralement des événements et des personnages réels et fictifs. Apparu à la fin du XVIIe siècle, avec comme principaux auteurs Madame de La Fayette et César Vichard de Saint-Réal, le roman historique est enraciné dans une réalité historique reconstruite avec plus ou moins de fidélité.

Source: Wikipédia

Le roman a toujours puisé dans l’histoire de quoi nourrir ses fictions et leur donner les prestiges du vraisemblable. Mais, en tant que genre spécifiquement déterminé, le roman historique a pris son essor — comme la plupart des formes romanesques — au xixe siècle, alors que la bourgeoisie prend le pouvoir. C’est au xviiie siècle que l’histoire commence à être traitée comme une science. La compréhension de l’histoire devient alors un moyen politique d’agir sur les réalités présentes, et, avec la Révolution, les hommes prennent conscience d’être les agents de l’histoire.

Source :  Universalis

L'indomptable Joséphine

Arrêtée par les sbires de la Terreur, Rose de Beauharnais ne verse pas une larme. Libérée après l’exécution de Robespierre, elle jure de trouver un homme capable de soutenir son ambition de mener une vie facile. Mais que se produirait-il si elle croisait plutôt un général corse trop maigre et sans le sou ? Elle passerait son chemin, il va sans dire…, sauf s’il est recommandé par son amant du moment et politicien bien en vue, Paul Barras.

Après avoir promis à Rose mers et monde, ce Napoléon Bonaparte la demande vite en mariage, trop épris pour tarder davantage. Et la voilà qui devient Joséphine, sous prétexte que trop d’hommes ont usé de son précédent prénom. Qu’il soit sur un champ de bataille ou occupé à planifier l’étendue de son empire, Napoléon n’a de cesse de penser à elle, rédigeant d’innombrables lettres enflammées. Désinvolte et assoiffée de frivolité, Joséphine est toutefois plus amoureuse de Paris et de ses tentations que de son nouvel époux, repoussant sans cesse le moment de le rejoindre.

Loin de sa patrie, fort de sa conquête de l’Égypte, Napoléon apprendra tôt ou tard les secrets de sa Joséphine. La confrontation, inévitable, ne peut toutefois avoir qu’un seul vainqueur…

Lili Klondike, tome 1

À la fin du XIXe siècle, des milliers d’hommes et de femmes quittent leur foyer pour tenter de faire fortune au Klondike. Deux jeunes Canadiennes françaises sont du nombre. Fuyant le rôle d’épouse auquel on la destine, Liliane Doré abandonne son fiancé la veille de son mariage. Avec l’argent reçu en cadeau de noces, elle prend le train à l’insu de tous et se retrouve à Vancouver en pleine fièvre de l’or. Rosalie Laliberté, quant à elle, laisse son poste de cuisinière chez de riches Américains pour s’enfuir avec un musicien qui vient de s’improviser prospecteur.

À l’image des pionnières qui ont peuplé le Yukon, Liliane et Rosalie refusent la passivité qu’on impose aux femmes. Courageuses et téméraires, elles choisissent le Nord, cette dernière frontière, malgré le froid, la cruauté des hommes et l’isolement. Elles n’ont en tête qu’un seul désir : prendre en main leur destin. Qu’une seule ambition : atteindre Dawson City, où, selon les grands quotidiens de l’Amérique, les rues sont pavées d’or.

Sur leur route, elles trouveront également l’aventure et l’amour, le tout à la hauteur de leur quête de liberté.

1704

Alice Morton, jeune Anglaise timide et modeste, mène une existence paisible à Deerfield, en Nouvelle-Angleterre. Sa vie bascule le 29 février 1704 lorsque son village est attaqué par des Français et des Indiens. Faite prisonnière avec une centaine de ses compatriotes, Alice est contrainte à une marche forcée qui la conduit en Nouvelle-France, où l’on prévoit la vendre.

Au cours de ce voyage périlleux, Alice voit des amis et des voisins mourir sous ses yeux, les uns succombant aux difficultés de la route, les autres victimes des brutalités de leurs maîtres indiens. Mais elle-même se transforme, passant de jeune fille obéissante et effacée à femme décidée et courageuse. Au fil des jours, elle en vient à comprendre la colère légitime du peuple indien et à deviner l’humanité de son maître, Mamôtkas.

Cette histoire est tirée de la légende sherbrookoise Mena’Sen.

 

Critique de 1704

Les perspectives qu’ouvre cet excellent roman nous sont peu familières. Tout, dans notre médiocre familiarisation avec le Régime français, nous fait considérer l’Anglais comme l’envahisseur et ses alliés autochtones comme de fourbes et sanguinaires prédateurs. On devrait pourtant supposer la réciproque et imaginer que des massacres furent également perpétrés par nos ancêtres francophones.  Rares sont les affrontements où tous les excès sont commis par une seule partie. L’audace de Mylène Gilbert-Dumas, ce sera de nous faire vivre la peur telle que pouvaient la ressentir elles aussi les populations de la Nouvelle- Angleterre. Leur peur à elles, c’était que se produise un déferlement de soldats français et d’Indiens attachés à leur cause et que ces « méchants » scalpent à satiété et repartent en traînant à leur suite un troupeau de captifs. Peur d’ailleurs justifiée, car le pire survient et c’est un bien pitoyable rassemblement de femmes et d’enfants qui entreprend son voyage forcé vers le Québec des papistes. La Nouvelle-France avait, en 1704, réalisé contre la paisible Deerfield l’équivalent du massacre de Lachine.

Le voyage dure si longtemps et affronte si cruellement les difficultés hivernales que la nature véritable des uns et des autres finit par se révéler. Les attaquants ne sont pas tous des fauves sans conscience, les prisonniers ne sont pas tous destinés au poteau de torture, des mœurs existent qui valorisent le partage et la compassion, des adoptions se dessinent qui pourraient convenir aussi bien aux « maîtres » qu’aux enfants blancs. L’art de Gilbert-Dumas consistera à laisser les révélations se préciser à leur rythme, naître des comportements quotidiens, découler d’humbles circonstances plausibles. Ce sera aussi de mener de front l’ébranlement des anciennes certitudes et la remise en question des choix amoureux ; découvrir une autre culture, c’est aussi réévaluer ses affections. Jusqu’à la fin, la culture originelle résistera.

Laurent Laplante, Nuit blanche, no 106 – 2007